Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 00:10

Le 21 mars 1804, le Premier Consul Napoléon Bonaparte promulgue le «Code Civil des Français». Il s'agit de l'une des contributions les plus remarquables de la Révolution française à l'humanité.

Une révolution juridique

Sous l'Ancien Régime, chaque contrée française avait ses lois propres, inspirées des coutumes locales, ce qui avait pour effet de compliquer les relations et les échanges au sein du royaume.

Au début de la Révolution, les députés décident de rédiger un code commun à tous les citoyens. Un comité présidé par Cambacérès rédige un projet en un mois ! Mais ce projet s'enlise dans les discussions.

Survient le coup d'État du 19 brumaire (10 novembre 1799), par lequel le général Bonaparte instaure le Consulat et clôt la Révolution. Cambacérès est nommé ministre de la Justice puis deuxième Consul, aux côtés de Bonaparte et Cambon.

Les trois Consuls (détail d'un tableau d'Auguste Couder)

Le Premier Consul nomme une commission de quatre magistrats pour faire une synthèse du projet de Cambacérès. Le document est discuté durant 109 séances du Conseil d'Éat, dont 57 présidées par Bonaparte.

Le Conseil d'État peut enfin promulguer un corps de lois de 36 titres et 2281 articles.

Avec le Code Civil, la loi émane désormais des législateurs (les députés), les juges n'ayant qu'à l'appliquer. La loi régit tous les rapports sociaux, y compris le droit de la famille, indépendamment de toute considération morale, religieuse ou politique.

Le Code Civil des Français va inspirer nombre de législateurs en Europe et dans le monde. L'essentiel de son contenu est encore en vigueur aujourd'hui en France.

Clairvoyant, l'empereur déchu dictera dans son exil de Sainte-Hélène : «Ma vraie gloire, ce n'est pas d'avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code Civil».

Source: http://www.herodote.net

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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 02:46

Le soir du mercredi 17 août 1661, Nicolas Fouquet (46 ans) étale sa munificence à l'occasion d'une fête somptueuse organisée par son talentueux maître d'hôtel Vatel.

Le puissant surintendant général des Finances du royaume de France a invité le roi et la Cour en son château de Vaux, près de Melun, au sud-est de Paris (aujourd'hui Vaux-le-Vicomte).

Fabienne Manière.

Le roi blessé dans son orgueil

Le jeune roi Louis XIV (23 ans) arrive à Vaux à six heures du soir en compagnie de sa mère, la reine Anne d'Autriche, et de quelque six cents courtisans. La reine Marie-Thérèse, enceinte, n'a pu se joindre à la fête mais le roi s'en console avec sa jeune maîtresse, la douce Mademoiselle de La Vallière. Parmi les autres absents de marque, on peut noter le ministre Colbert, soucieux de se démarquer de son ennemi intime, Fouquet.

Le roi lui-même a l'humeur maussade en se rendant à l'invitation de son très riche et très puissant ministre. Depuis la mort de Mazarin, quelques mois plus tôt, il a pris le parti de diriger en personne le gouvernement et attend de tous ses ministres et conseillers qu'ils lui soient loyaux. Ce n'est pas précisément le cas de Fouquet, qui abuse de sa position d'héritier présomptif de Mazarin et continue de s'enrichir en cachette du souverain.

L'invitation à Vaux apparaît dans ce contexte comme d'une extrême maladresse...

Une nuit féerique

Le décorateur du surintendant, Le Brun, fait les honneurs du château. Il montre les allégories, écureuils et soleil, qui désignent le surintendant lui-même, que tout le monde ici appelle «Monseigneur». Le roi apprécie comme on l'imagine cet étalage d'orgueil.

Ensuite, les invités sont répartis dans différentes pièces du château pour consommer un ambigu. Le terme désigne un buffet sur lequel sont présentés simultanément tous les plats, du salé au sucré. Toute la cour est servie dans de très luxueux couverts en vermeil (un luxe inaccessible au roi lui-même !).

Après la collation, les «deux Baptiste» Molière et Lully donnent dans les jardins une comédie-ballet, la première du genre, Les Fâcheux. Pendant les intermèdes, des elfes sortent de derrière les ifs et servent gâteries et diamants aux dames.

En retournant vers le château, le roi et la cour sont éblouis par un feu d'artifice au-dessus de l'édifice. Une loterie aurait eu lieu ensuite avec distribution de diamants et d'armes, selon une source incertaine.

D'après les compte-rendus du temps, pas forcément objectifs, le roi et la Cour seraient repartis comblés, à deux heures du matin, «la bonne chère ayant été accompagnée du divertissement d'un fort agréable ballet, de la comédie et d'une infinité de feux d'artifice dans les jardins de cette belle et charmante maison, de manière que ce superbe régal se trouva assorti de tout ce qui peut se souhaiter dans les plus délicieux,... » (La Gazette).

Jean de La Fontaine rapporte à son ami M. de Maucroix, dans une lettre du 22 août : «Tout combattit à Vaux pour le plaisir du roi,
La musique, les eaux, les lustres, les étoiles.»
Pourtant, le sort ultérieur de Nicolas Fouquet accrédite l'idée que le roi s'est senti humilié et aurait même regagné son château de Fontainebleau sans attendre la fin de la fête.

L'historien François Bluche indique même qu'il aurait songé à faire arrêter sur le champ le surintendant mais en aurait été dissuadé par la Reine mère, qui ne voulait pas enfreindre les règles de l'hospitalité (*). Où que soit la vérité, il est vraisemblable que l'étalage de luxe auquel a assisté Louis XIV a renforcé sa détermination d'abattre son trop puissant surintendant.


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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /Août /2009 14:06

Il y a eu plusieurs emprunts russes. Le premier emprunt date de 1888. L’emprunt russe de juin 1906 est un emprunt international signé par la Russie destiné à rétablir les finances après la guerre russo-japonaise (2,25 milliard de francs couverts pour moitié par la France).

Un engouement s’est manifesté pour cette épargne, jusqu’à ce que celle-ci disparaisse en 1918. Ces dernières années, l’État russe a effectué un « remboursement symbolique » aux porteurs d’emprunts.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France est isolée à tout point de vue en Europe. Les tensions avec son voisin allemand se font sentir davantage chaque jour. La France tout logiquement cherche donc à développer une alliance de poids sur le territoire européen. C’est la Russie de l’époque qui deviendra cette « bouée de sauvetage » diplomatique.

En 1867, les compagnies de chemins de fer russes lancent en France un emprunt nommé « Nicolas » pour la construction de nouvelles voies en Russie. La Russie de l’époque avait alors un besoin important de capitaux, lié à des investissements forts coûteux. Cet emprunt n’a pas été le premier. En 1822, l’État russe avait émis en son propre nom un emprunt en France.

En 1870, la France est en guerre contre l’Allemagne. Les tensions qui s’étaient accentuées entre les deux pays ont trouvé leur point de non-retour avec l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne. Outre cette annexion militaire (traité de Francfort - mai 1871), la France a été contrainte de verser à l’Allemagne, au titre des indemnités de guerre, cinq milliards de francs or. À l’époque, il était de coutume d’humilier le perdant. La France fera de même après la Première Guerre mondiale avec l’Allemagne. Cette défaite militaire et la volonté de reconquérir l’Alsace-Lorraine incitent les gouvernement français successifs à chercher les bonnes grâces de la Russie. Cette dernière est d’autant plus réceptive que leur source principale de capitaux, l’Allemagne, s’est tarie. Les Allemands investissent désormais sur leur territoire et les exportations de capitaux se font plus rares. À l’époque, la Russie était aussi considérée comme un pays très peu solvable par les autorités.

En 1882 se déroule la signature de l’alliance tripartite Allemagne - Autriche-Hongrie - Italie. La France est définitivement isolée en Europe continentale. Elle doit à tout prix obtenir une alliance avec la Russie pour éviter tout conflit armé qui serait dévastateur pour son territoire. Ce rapprochement aboutira en 1892 à la signature d’une convention militaire entre la Russie et la France. En cas d’invasion de la France par l’Allemagne, la Russie devra ouvrir un front à l’Est.

Durant toute la fin du XIXe siècle, le gouvernement français mettra tout en œuvre pour nouer de bonnes relations avec l’État russe, mais sans prêter d’importants capitaux à la Russie prélevés sur le budget de l’État français. L’État français qui, à l’époque, devait supporter son propre développement économique a choisi de consolider les relations avec la Russie avec l’argent des épargnants français.

La Russie va émettre sur le territoire français un nombre incalculable d’emprunts, soit des emprunts d’État, soit des emprunts de collectivités, soit des emprunts liés aux compagnies de chemins de fer. Ces emprunts permettront à la Russie de créer des dizaines de milliers de kilomètres de lignes de chemin de fer, d’ouvrir le Transsibérien, de développer de nouvelles industries (chimie) et de plus anciennes (mines). Des entreprises françaises renommées investissaient dans les états satellites de la Russie, marché d’avenir. L’argent français a permis à la Russie de se développer très fortement en quelques années. Sans cet argent, l’État russe n’aurait pu atteindre son niveau technologique.

Pendant trente ans, le gouvernement et les médias français vont encourager les épargnants français à investir un total de près d’un tiers de l’épargne française en Russie. Un tiers de l’épargne française était placé en Russie pour un montant d’environ 15 milliards de francs or. De 1887 à 1913, l’exportation nette de capitaux correspondait à 3,5% du PNB de la France.

« Prêter à la Russie, c’est prêter à la France ! » : cette phrase est tirée d’affiches publicitaires incitant les épargnants à acheter des emprunts russes. Les risques de solvabilité de l’État russe qui avaient conduit l’Allemagne à arrêter tout prêt à la Russie ne semblaient pas entacher l’optimisme des gouvernements français. 1897 accentua même le phénomène. Le rouble se rattache à l’or et accroît ce caractère de sécurité.

Outre une campagne gouvernementale massive pour favoriser les emprunts russes, les médias français ont insisté lourdement sur l’intérêt d’aider la Russie. Plus tard, on apprendra que ces mêmes médias ont été grassement payés pendant plusieurs années par l’État russe qui leur versait de fortes commissions. Les banques n’étaient pas en reste. Lors de toute émission d’emprunt, la banque est rémunérée via des frais qu’elle perçoit à chaque fois qu’un investisseur décide de participer à cet emprunt. Pour le seul Crédit Lyonnais, on estime que 30% des profits réalisés avant 1914 l’étaient grâce aux seuls emprunts russes. De telles sommes expliquent, en grande partie, la surdité des établissements bancaires et leur manque de communication et de transparence financières.

Les emprunts russes garantissaient à leur détenteur une « sécurité à 100% » (soutenus par l’État français) et des performances intéressantes au regard du marché financier de l’époque. Les émissions des emprunts se sont accélérées pour ralentir au début du XXe siècle. À l’époque, l’épargne d’un Français était sa « bouée de sauvetage » pour ce que l’on n’appelait pas encore retraite. Il n’était ainsi pas rare de voir une famille placer toutes ses économies dans des emprunts russes, comme on les aurait placées dans des emprunts d’État français.

En 1918 un décret des Bolchéviques répudia unilatéralement l’intégralité de ces dettes. Plus d’un million et demi de Français avaient investi dans ces emprunts ; certains, forts des assurances du gouvernement français, y avaient place toutes leurs économies, et se trouvèrent, du jour au lendemain, ruines.

Depuis, le gouvernement soviétique d’abord, la Fédération de Russie ensuite, ont considéré cette dette comme nulle et non avenue, au mépris des principes de droit international pourtant universellement reconnus. Les porteurs contemporains se sont toujours opposes avec véhémence à cette position sans toutefois parvenir à imposer le respect du droit aux gouvernements successifs de la Russie.

Source wikipedia

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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /Août /2009 14:00

Le 2 août 1802, les citoyens français se rendent aux urnes pour répondre à la question qui leur est posée par plébiscite : «Napoléon Bonaparte sera-t-il Consul à vie ?».

Reconnaissance populaire

Le général Napoléon Bonaparte s'était emparé du pouvoir par le coup d'État du 18 Brumaire et avait pris le titre de Premier Consul, mettant un terme à l'instabilité de dix ans de révolution.

Il s'était aussitôt engagé dans la remise en ordre du pays, la pacification religieuse et la pacification aux frontières. Mais l'attentat de la rue Saint-Nicaise, le 24 décembre 1800, lui avait rappelé que les royalistes, à droite, et les Jacobins, à gauche, n'étaient pas disposés à le laisser tranquille.

En signant la paix d'Amiens avec l'Angleterre le 25 mars 1802, puis le concordat avec le pape le 8 avril suivant, Bonaparte s'acquiert une immense popularité dans le pays. Il veut en profiter sans tarder pour renforcer son pouvoir et le pérenniser.

Son entourage, en particulier le vicomte François de Chateaubriand et le marquis Louis de Fontanes, le persuadent d'instaurer une nouvelle légitimité dynastique pour clore la Révolution et couper court aux complots royalistes. L'un et l'autre sont reconnaissants au Premier Consul d'avoir rétabli la paix religieuse... mais ils se fâcheront plus tard avec lui et rallieront Louis XVIII.

Le 6 mai 1802, l'assemblée du Tribunat, dévouée au Premier Consul, demande un témoignage de reconnaissance nationale à son égard. Le Sénat, réticent et influencé par Sieyès, se contente de le réélire pour dix ans... Bonaparte, déçu, ne se satisfait pas de ce cadeau.

Finalement, le Conseil d'État décide de consulter le peuple par plébiscite. Une immense majorité de citoyens se prononcent en faveur du Consulat à vie: plus de 3.500.000 oui contre 8.374 non (dont ceux de La Fayette et de quelques républicains).

Il faut dire que le scrutin n'est pas secret. Chacun signe sur un registre, soit celui du oui, soit celui du non. Il est prévu de brûler les registres après le scrutin pour éviter des représailles...

Il ne reste plus qu'à mettre en forme la volonté populaire en modifiant la Constitution. C'est chose faite avec le sénatus-consulte du 16 thermidor An X (4 août 1802), aussi appelé «Constitution de l'An X». Il fait de Bonaparte un Premier Consul à vie, accroît ses pouvoirs déjà immenses et lui donne qui plus est le droit de désigner son successeur !

Bonaparte devient un monarque absolu sans en avoir le titre, avec plus de pouvoirs que Louis XIV lui-même !

Despotisme éclairé

En «despote éclairé», il met dès lors son talent au service de la paix civile et fait aboutir les immenses réformes préparées par le régime précédent du Directoire :

- refondation d'une administration centralisée (qui s'est perpétuée presque intacte jusqu'à nos jours),

- réorganisation de l'enseignement et création des lycées par la loi du 11 floréal An X (1er mai 1802),

- création d'une monnaie stable, le franc germinal, et relance de l'activité économique,

- promulgation du Code Civil,...

Par un décret du 19 mai 1802, Bonaparte crée aussi l'ordre de la Légion d'Honneur pour récompenser les citoyens méritants. Mais cette mesure irrite passablement les anciens révolutionnaires qui y voient le germe d'une nouvelle noblesse.

Le 30 Floréal An X (20 mai 1802), le Premier Consul rétablit l'esclavage dans les colonies après qu'il ait été aboli par la Convention huit ans plus tôt. Il y est poussé par les milieux d'affaires coloniaux et par sa femme, Joséphine de Beauharnais, issue d'une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie.

Vers un remodelage de l'Europe

À l'extérieur, le Premier Consul consolide les conquêtes de la France sur la rive gauche du Rhin et resserre les liens avec les petits États d'Allemagne et la Suisse.

La Diète de Francfort, qui réunit des représentants de toutes les principautés allemandes, vote le 25 février 1803 un recès (terme qui désigne une décision de la Diète) par lequel elle réduit de 360 à moins de 80 le nombre d'États du Saint Empire romain germanique. C'est la ruine des traités de Westphalie de 1648 qui avaient divisé l'Allemagne pour le plus grand profit de la France ! À cet émiettement, Bonaparte préfère un nombre restreint de principautés inféodées à Paris.

Aux représentants de la Suisse, le Premier Consul impose par ailleurs le 25 février 1803 la signature d'un Acte de médiation qui met fin aux errements de la période révolutionnaire.

L'horizon s'assombrit

Mais, très vite, l'horizon s'assombrit. Les rapports avec l'Angleterre se tendent lorsque celle-ci refuse d'évacuer Malte comme convenu. Les Français, de leur côté, s'installent sans façon à Anvers, irritant les Anglais qui regardent ce port flamand comme essentiel à leur prospérité. La paix d'Amiens est dès lors rompue.

De provocation en provocation, on en arrive à un ultimatum de Londres, le 26 avril 1803, exigeant des Français l'évacuation de la Hollande et de la Suisse. Les ambassadeurs sont rappelés et le 22 mai 1803, la France déclare officiellement la guerre à l'Angleterre. Tous les Anglais présents sur le sol français sont aussitôt arrêtés.

Pour pourvoir aux besoins de la guerre à venir, le Premier Consul vend la Louisiane aux jeunes États-Unis. Il fait une croix également sur l'île de Saint-Domingue, qui s'est insurgée suite au rétablissement de l'esclavage et a arraché son indépendance sous le nom de Haïti.

Les Anglais, en attendant de réunir une coalition contre la France, se proposent quant à eux de réveiller l'agitation royaliste dans le pays même.

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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /Juil /2009 23:42

Le 5 octobre 1728, Françoise de Charanton donne un enfant à son époux, Louis d'Éon de Beaumont –qui est directeur des domaines du roi. L’enfant est baptisé Charles-Geneviève-Louise-Auguste-Andrée-Thimothée. Chose étrange pour un garçon d’avoir trois prénoms masculins et trois féminins ! Car pour tout le monde, il s’agit bien d’un fils.

Le jeune Charles-Geneviève commence ses études en 1743 à Tonnerre dans sa Bourgogne natale avant d’intégrer le collège Mazarin à Paris. Diplômé de droit en 1749, Charles-Geneviève devient avocat au Parlement de Paris. Remarqué par Louis XV après ses écrits «Considérations Historiques et Politiques», il est nommé censeur royal pour l’Histoire et les belles lettres. Parallèlement, le jeune d’Eon de Beaumont apprend l’escrime et devient un bon cavalier. En 1755, Louis-François Ier de Bourbon-Conti charge le chevalier d’Eon d’une mission secrète auprès de la Tsarine de Russie Elisabeth Ire. La France souhaite une alliance avec la Russie et Charles-Geneviève a pour rôle de séduire et de gagner la confiance de la Tsarine. Afin qu’Elisabeth Ire se sente plus proche de son espion, le prince de Conti décide de travestir le chevalier d’Eon qui devient Mlle Lya de Beaumont. Gagnant la confiance la Tsarine, Mlle de Beaumont devient l’une de ses intimes et sa lectrice.                                               

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C’est à son retour en France que les gens commencent à se poser des questions sur le chevalier : Charles-Geneviève a trop bien joué son rôle de femme pour n’être qu’un travesti. De plus, on ne connaît au jeune Beaumont aucune amourette ni fiancée alors qu’il passe pour être un fort bel homme. Il s’appelle Charles certes mais également Geneviève ! De 1758 à 1760, le chevalier est de nouveau en Russie où il passe pour une femme. Il parcourt l’Europe pour mener à bien des missions confiées par Louis XV mais il est tantôt habillé en homme, tantôt en femme. A son retour à Paris en 1760, Charles-Geneviève devient capitaine des Dragons et reçoit la croix du Saint-Esprit. Durant deux ans, il s’illustre au combat et les rumeurs sur sa féminité cessent : une femme ne peut se battre de la sorte et recevoir des commandements de la part du roi. En 1762, le chevalier d’Eon quitte l’armée pour reprendre son rôle d’agent secret en Angleterre à Londres où il travaille pour la politique de Louis XV. Selon les intrigues qu’il doit mener, le chevalier d’Eon se présente en homme ou en femme. Les anglais, perplexes face à cet étrange chevalier d’Eon se mettent à parier sur son sexe si bien qu’en 1771, le montant parié atteint 300.000 livres sterling ! Louis XV demande alors en 1774 à Charles-Geneviève de mettre un terme aux rumeurs et de déclarer s’il est un homme ou une jolie demoiselle. Le chevalier signe alors une proclamation dans laquelle il annonce être de sexe féminin. Cette constatation est établie et approuvée par plusieurs médecins. Dés lors, le roi ordonne à Charles-Geneviève de conserver ses vêtements féminins et de ne plus apparaître travesti en homme. Le chevalier d’Eon devient donc officiellement Mlle d’Eon. Il aura fallu des négociations de quatorze mois pour faire admettre au chevalier son sexe moyennant une rente. Etant une femme, Charles-Geneviève n’a plus accès à l’armée, aux affaires politiques et à la diplomatie. Devenant inactive, la jeune femme demande à Louis XV la permission de pouvoir à nouveau porter des vêtements d’hommes. Louis XV n’a pas envie que Mlle d’Eon de Beaumont soit de nouveau au milieu des rumeurs concernant son sexe et refuse. Après la mort de Louis XV, Mlle d’Eon de Beaumont renouvelle sa requête auprès de Louis XVI. C’est ainsi qu’en 1777, vêtue de son uniforme de capitaine des dragons, Charles-Geneviève supplie le roi de lui permettre d’user de nouveau de sa personnalité masculine. Mais Louis XVI soutenu par son ministre Maurepas campe sur les positions de son prédécesseur. Après un exil en Tonnerre, Charles-Geneviève repart pour Londres en 1785 où elle mène une vie de lady avant de perdre sa rente octroyé par le roi de France. Même après la révolution française et la mort de Louis XVI, la vieille Mlle d’Eon de Beaumont ne reprendra pas l’habit d’homme, sans doute résignée à être ce qu’elle a toujours été : une femme. Son père, déçu de ne pas avoir eu de fils avait-il dés la naissance de la petite Charles-Geneviève fait de sa fille un garçon ? Cette hypothèse est retenue et on imagine que Mlle d’Eon qui avait été habituée et élevée en tant qu’homme avait voulu revenir à cette personnalité après 1774.

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Le 21 mai 1810, l’ex chevalier d’Eon s’éteint. Oubliée de tous, Charles-Geneviève était morte dans la misère. Lors de la toilette funéraire, les médecins et une quinzaine de personnes s’aperçoivent que la vieille dame était en fait…un homme ! Retournement incroyable de situation ! En 1774, le chevalier d’Eon avait pourtant affirmé être une femme et plusieurs médecins avaient confirmé ses dires. Pourquoi donc Charles-Geneviève a-t-il accepté d’être une femme durant quarante années ? Louis XV et Louis XVI étaient-ils au courant que Mlle d’Eon était en fait de sexe masculin ? Dans ce cas, pourquoi ont-ils refusé qu’elle redevienne un homme ? Après la mort de Louis XVI, pourquoi donc le chevalier d’Eon n’a-t-il pas reprit sa véritable identité ? Le 23 mai, un des membres de la faculté d’Angleterre déclara : « Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports ». Mais qui sait….si ces quelques personnes présentes autour de la dépouille de Charles-Geneviève s’étaient mises d’accord pour affirmer qu’il était un homme alors que c’était en réalité une femme ? Car pourquoi le chevalier d’Eon aurait-il menti sur son sexe féminin ? Le mystère demeure…

Source : http://www.histoire-et-secrets.com

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